Nous sommes de cette génération qui avons vu, sur toutes les grandes chaînes de télévision le soir du 9 novembre 1989, un mur s’écrouler pour l’immense joie d’hommes et de femmes qui avaient tant souffert pendant 28 ans. Quelques années plus tard, nous avons pourtant vu un nouveau mur s’ériger : "Barrière de sécurité" pour les uns, "mur de la honte et d'asphyxie" pour les autres.
Mur de Berlin ©DM-2008
Quelles que soient nos histoires, croyances ou non-croyance, nous ne pouvons rester indifférents à ce qui traduit l’aveuglement, le rejet et l’impuissance. La terre de Palestine et d’Israël nourrit certes des combats, mais aussi des peuples. Sur cette terre, il arrive que des femmes et des hommes parviennent à unir leurs forces et leurs énergies au service d’objectifs communs, malgré la violence, la douleur et tout ce qui les oppose "a priori".
Quelles sources d’inspiration peut-on en tirer, nous autres qui évoluons dans des sociétés, des entreprises ou des organisations, où nous devons sans cesse trouver comment mieux Vivre, Grandir et Travailler ensemble ? Comment les médias peuvent-ils nous y aider ?
Un autre regard et d'autres sons
Là, quatre écoles où institutrices et instituteurs arabo-musulmans et juifs s’unissent pour transmettre une éducation fondée sur le respect de l’autre. Hand in Hand - Bridge over the Wadi est un programme initié en 1997 et qui consiste à dispenser une éducation par des enseignant-e-s arabes et juifs à des classes elles-mêmes mixtes, contribuant ainsi à une meilleure compréhension au sein des familles et des communautés locales. La Marche mondiale pour la Paix et la Non-violence, lancée le 2 octobre dernier, a fait escale dans une de ces écoles à Kfar Kara, ville arabo-musulmane d'Israël (vidéo ci-dessous).
Là aussi, un projet pharaonique d’approvisionnement et d’irrigation en eau, qui relierait la mer Morte à la mer Rouge par la création d’un canal, grâce à l’union des autorités d’Israël, de Palestine et de Jordanie. Une formidable opportunité de travailler sur un chantier d'intérêts communs. Mais l'état actuel des relations entre pouvoirs israéliens et palestiniens oblige la Jordanie à démarrer en solo sur la première partie du projet. L'étude complète devrait aboutir à un plan d'actions d'ici 2010, avec somme toute d'importantes réserves d'ONG sur les risques environnementaux.
Ici, une radio était animée par des Palestiniens, Israéliens et étrangers, en direct de Ramallah et de Jérusalem. "La musique n'a pas de frontières" était le slogan de la station 93.6 RAM FM, ayant cessé d'émettre l'an dernier : faut-il encore y voir la dure réalité des forces en présence, au détriment d'une autre réalité populaire possible mais pas assez soutenue ?...
Ici encore, des start-up palestiniennes qui développent leurs activités avec des entreprises israéliennes. Un logiciel libre d'accès développé par G.ho.st (Global hosted operating system) permet de se connecter librement au web et quel que soit le lieu. "Internet et la collaboration positive entre être humains dépassent toute barrière physique" peut-on lire sur le site, faisant clairement référence au mur. Malgré leur séparation de chaque côté de la "barrière de sécurité", les équipes palestiniennes et israéliennes de G.ho.st ont su travailler ensemble avec un objectif commun.
Murmurez-moi un autre sens
Autant d’illustrations, et certainement bien d’autres tout aussi surprenantes qu’exaltantes, qui apportent une autre vision sur l’ouverture aux autres et la richesse - humaine et économique - que l'on peut en tirer. Ce qu'on nous en montre dans les grands médias, emportés malgré eux ou non dans la spirale du conflit, est hélas bien moins encourageant.
C'est peut-être là un autre regard et un autre son sur cette région du monde qu'il nous faut développer. Sans naïveté ni angélisme, mais qui mérite qu'on s'y attarde davantage ici et là-bas.
Médias du web et indépendants, continuez à murmurer cet autre sens et amplifiez le son, pour qu'enfin un écho plus large soit donné - dans les plus grands médias - à destination du plus grand nombre !
David Malgrain


