"L’assouplissement de la carte scolaire décidé en 2007 a eu au moins une vertu : ses conséquences ont été si graves que la question de la mixité sociale à l’école est revenue au premier plan.
Chacun sait que l’ancien système de la sectorisation, créé en 1963 pour gérer les effectifs, n’était pas satisfaisant : contourné par les familles les plus averties, subi de plus ou moins bonne grâce par les autres, il ne répondait plus à l’idéal républicain d’égalité. En outre, l’existence d’une forte demande sociale en faveur de la liberté de choix n’est pas une vue de l’esprit. Pour autant, l’idée un rien naïve qu’un ordre spontané naîtrait de la liberté laissée à tous n’est pas tenable ; en tout cas pas dans une société urbaine minée par l’entre soi et les logiques de relégation et de ghettoïsation. On s’en doutait, un récent rapport de la Cour des comptes vient d’en faire la preuve, en montrant que plus de la moitié des collèges « ambition réussite » ont perdu des élèves. Et ceux qui partent, souvent, sont ces bons élèves dont le monde enseignant sait à quel point leur présence est précieuse pour une classe ou un établissement.
Se pose donc tout un ensemble de questions : la liberté de choix étant admise, ses conséquences étant connues, que faire ?"
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