Madame K tenait à nous dire qu'elle sera là... Mais où donc sera-t'elle ?
Dans ma tête, ça commence comme dans la chanson de Zazie J'étais là.
J'étais là moi aussi, aux manifestations lycéennes, étudiantes, enseignantes. J'étais là, aux marches, sit-in et autres rassemblements. On voulait protéger nos lycées, nos universités, nos écoles maternelles, nos profs, nos jobs, l'avenir de nos enfants. J'étais là, dans ces moments de réelle solidarité, quand on espère qu'à nous tous on va changer la donne.
J'étais là, quand un certain borgne a passé le cap du premier tour des élections présidentielles. Et j'ai foulé la rue, senti la détermination, la solidarité, mais aussi et surtout, la honte ! La honte d'un peuple qui a laissé s'installer la peur, la haine. J'ai vu certains s'exiler au Canada, en Grande-Bretagne ou en Allemagne parce qu'ils sentaient qu'une partie du peuple français les rejetait pour leur couleur, leurs origines, leur religion. On croyait qu'en hurlant "aux fachos" sur les plateaux télé et dans les journaux, en affichant nos tee-shirts et nos banderoles, on changerait la donne...
J'étais là, j'ai vu, j'ai su la Somalie, le Rwanda, la Bosnie, le Tchad, le Tibet et tant d'autres. J'ai regardé, écouté, cherché à comprendre. J'ai expliqué aux enfants, aux élèves. J'ai tenté de les sensibiliser au monde qui nous entoure dans sa globalité. Je croyais qu'en expliquant aux enfants, ils changeraient la donne...
J'étais là, quand les scientifiques nous ont alertés sur l'état de la planète, quand on nous a appris à trier, à ne plus gaspiller, à devenir responsables et refuser la surconsommation. J'ai trié, j'ai consommé équitable. J’ai même fabriqué mes yaourts ! Je croyais qu'à nous tous, on changerait la donne...
"J'étais là, et je n'ai rien fait !" chante Zazie.
Alors, quand je rencontre des gens qui s’engagent et parviennent à mobiliser des foules, je suis galvanisée et j'y crois encore : on peut changer la donne. Cette semaine et jusqu’au 22 novembre, c’est la Semaine de la solidarité internationale partout en France. Parce que les inégalités ne cessent de croître dans le monde ; parce qu'en tant que citoyens, nous sommes tous concernés par ces inégalités.
Des centaines d'associations se mobilisent cette semaine pour nous expliquer en quoi les choses peuvent changer, en quoi nous pouvons y participer. Chez moi, dans ma Sarthe natale, un jeune de 20 ans, Pierre Sersiron, est étudiant en économie sociale et président du "Collectif pour une terre plus humaine". Ce dernier regroupe 22 associations, dont Artisans du Monde, Pain contre la faim ou encore l'Association France Palestine Solidarité. Pierre ne se contente pas de manger équitable et de trier ses déchets, de manifester et de lutter contre les inégalités. Il se mobilise et tente de rendre le monde plus humain et plus solidaire par des actions, des débats.
Alors c'est décidé, pour ne plus avoir ce sentiment d'inefficacité, il faut continuer d'agir, chacun à notre niveau. Comme ce jeu Burg Ritter, mis en avant par le service jeunesse de la Ville du Mans et dans lequel les joueurs doivent se coordonner pour construire un château, c'est ensemble, en collaborant et en s'entraidant que nous changerons la donne.
Alors non, je ne veux pas croire que je n'ai rien fait ! Et changer la donne ça commence par comprendre, expliquer, éduquer, sensibiliser pour changer les mentalités. Venez donc nombreux le samedi 21 novembre à la maison du Citoyen, Place des Comtes du Maine au Mans, pour la projection du film Sourires d'enfants de Fabrice Mengotti et pour découvrir ces portraits d'enfants sahraouis qui ont passé six semaines en France, loin du camp d'Haouza et de leur famille.
En tout cas, moi, je serai là !


